Depuis sa détection en 2017, un ennemi silencieux mais mortel des sapins pruche sillonne les forêts du sud de la Nouvelle-Écosse. Le puceron lanigère de la pruche (Adelges tsugae), aussi appelé simplement PLP, est un insecte qui se nourrit de sève et peut causer des dommages étendus et la mort aux sapins pruche en 5 à 10 ans. Pour tenter de ralentir la propagation du PLP envahisseur et protéger les forêts de pruches, des insecticides sont appliqués aux arbres. Maintenant, après une série de traitements, on se pose des questions sur les effets de ces insecticides au-delà de l'espèce visée. Un groupe d'animaux potentiellement affectés sont les amphibiens. Une espèce commune de l'est du Canada qui pourrait bien indiquer ces effets chez les salamandres de manière générale est la salamandre rayée, Plethodon cinereus. Le laboratoire d'écologie intégrative Riley de l'Université Mount Allison étudie actuellement si le traitement par insecticide pour le PLP a des impacts sur ces petits amphibiens, pourtant abondants. Ce projet fait partie d'une collaboration qui comprend le Service canadien des forêts, l'Université Acadia, Environnement et Changement climatique Canada et l'Université de Saskatchewan pour comprendre les changements écosystémiques causés par une espèce envahissante et un contrôle chimique. Nous sommes reconnaissants d'avoir une équipe si merveilleuse concentrée sur ce sujet, car comprendre les impacts écologiques d'une espèce envahissante n'est pas une mince affaire!
Nous avons maintenant commencé à collecter des données sur ces salamandres. Notre saison de terrain, qui s'étend du printemps à l'automne 2026, a débuté de manière excitante et rapide alors que nous nous rendions à plusieurs forêts de pruches du sud de la Nouvelle-Écosse. Chaque expédition nous mène à des endroits magnifiques, à des rencontres avec de drôles de petites créatures et à de nouveaux défis. Les sites eux-mêmes sont constitués d’alignements de planches de couverture, c’est-à-dire de petites planches rectangulaires en pruche, qui ont été installées dans chacune des forêts que nous avons étudiées l’été dernier. Ces planches servent de refuge aux salamandres, un peu comme les billes ou les rochers. Les forêts où nous travaillons ont soit été traitées aux insecticides, soit laissées non traitées pour le PLP. Quand le PLP est présent sur le pruche, il ressemble à de minuscules boules de coton, mais cette apparence trompeuse ne reflète pas l'ampleur des dommages écologiques qu'il peut causer.