Euphydryas editha taylori
Statut de l’espèce : en voie de disparition au Canada
Mesures requises : initiatives de reproduction, de réintroduction et d’augmentation de la population à des fins de conservation

Au fur et à mesure que les prairies indigènes disparaissent au profit de l’agriculture et de projets de développement, la survie du damier de Taylor tient à un fil.

Aperçu
Étant sensible aux changements survenant dans son habitat, le damier est considéré comme une espèce clé, notamment un indicateur environnemental de l’état de santé de tout l’écosystème. De l’espèce euphydryas editha, le damier de Taylor, dont l’envergure d’ailes est de moins de six centimètres, est la sous-espèce à la couleur la plus foncée. Les adultes émergent en avril et en mai, la période d’accouplement, et les groupes d’œufs peuvent contenir jusqu’à 1 200 œufs. Les larves émergentes interrompent leur développement de la mi-juin au début juillet et hibernent durant l’hiver.

Habitat
Le damier de Taylor nécessite un environnement de praires ouvertes ayant peu de végétation et des conditions humides qui soutiennent les sources de nourriture dont les larves ont besoin, telles la véronique à écus, la véronique à feuille de serpolet ou le plantain (espèce introduite). L’habitat doit aussi contenir des fleurs sauvages nectarifères, comme les fraises sauvages, pour que les adultes puissent se nourrir. Ces conditions sont souvent présentes dans les écosystèmes de chênaies de Garry (maintenant rares). Par ailleurs, des populations de damiers ont aussi été recensées dans certaines aires dégagées par l’activité humaine.

Aire de répartition
Le damier de Taylor était jadis une espèce répandue dans les îles de San Juan, au sud de l’île de Vancouver, et dans les îles environnantes de la Colombie-Britannique, ainsi que dans les prairies côtières et à l’intérieur des terres, dans les prairies ouvertes et dans les plaines d’épandage graveleux de Puget Sound, dans les états du Washington et de l’Oregon. L’espèce était estimée disparue au Canada depuis 2005, mais 15 damiers de Taylor ont été observés sur l’île de Denman, dans les Gulf Islands, en C.-B. Selon une étude, il existe seulement 14 sites dans la région nord-ouest du Pacifique dotés de populations de plus de 50 individus.

Menaces
Les prairies indigènes, particulièrement appréciées de ces papillons, sont menacées par l’activité agricole, l’étalement urbain et l’empiètement des arbres et des plantes envahissantes. Antérieurement, la région occidentale du Washington comptait à elle seule 100 000 hectares d’habitat. Aujourd’hui, il n’en reste que quelques hectares. Les pesticides, la suppression des incendies et la sécheresse menacent aussi l’espèce.

Actions recommandées pour le rétablissement de l’espèce
Le programme fédéral de rétablissement multi-espèces des chênaies de Garry recommande plusieurs mesures de conservation qui favoriseront le rétablissement du damier de Taylor, y compris la protection des habitats, le recensement des plantes dont il s’alimente et la mise au point de techniques d’établissement de nouvelles populations.

Ce que nous faisons
Informez-vous de ce que Conservation de la faune au Canada fait pour sauver les pollinisateurs indigènes – dont le damier de Taylor – et des gestes que vous pouvez poser pour contribuer à cet effort.

Pour plus d’information
Registre public des espèces en péril, damier de Taylor
Garry Oak Ecosystem Recovery Team (en anglais)