Rétablissement de la chevêche des terriers

L’espèce

Représentée par moins de 1 000 couples en milieu naturel, cette minuscule chouette est l’un des oiseaux les plus menacés nichant dans les zones herbeuses des prairies du Canada. Obtenez plus de détails sur cette espèce.

Le projet

Conservation de la faune au Canada s’est engagée dans le rétablissement de la chevêche des terriers en 1995, en Saskatchewan. Entre 1995 et 2002, nous avons établi dans la province une petite colonie de reproduction à des fins de conservation et avons fait l’essai de différentes méthodes de réintroduction. Nous avons ainsi mis au point une nouvelle méthode de mise en liberté dite « progressive », qui a donné des résultats particulièrement convaincants. Celle-ci consiste entre autres à placer de jeunes chevêches issues du programme de reproduction à des fins de conservation dans des enclos sur le terrain et à les relâcher une fois qu’elles ont pondu leur première grappe d’œufs. Nous avons aussi cherché des moyens d’améliorer la survie des chevêches sauvages, notamment par l’apport de suppléments alimentaires et l’installation de boîtes de nidification pour dissuader les prédateurs.

Par ailleurs, l’Équipe de rétablissement de la chevêche des terriers et la Burrowing Owl Conservation Society of BC ont tenté de réintroduire la chevêche des terriers dans cette province, d’où l’espèce est disparue dans les années 1980. Des chevêches provenant d’un programme de reproduction à des fins de conservation avaient été réintroduites à partir de 1992, en suivant une méthode de mise en liberté directe, selon laquelle les couples devaient être relâchés directement à partir des terriers artificiels. Toutefois, les oiseaux quittaient souvent le site peu après leur mise en liberté, et les retours de migration étaient extrêmement rares.

En 2005-2006, nous avons financé une étude, en Colombie-Britannique, visant à comparer et à évaluer la méthode de mise en liberté directe traditionnelle et la méthode de mise en liberté progressive mise au point en Saskatchewan. Les deux méthodes ont été appliquées en même temps, et leur évaluation a pris en considération le nombre d’oiseaux demeurés sur le site après la mise en liberté, leur survie, le nombre de jeunes produits et le nombre de retours sur le site de reproduction l’année suivante. Nous soutenons depuis lors le programme de réintroduction de la Société de conservation de la chevêche des terriers de Colombie-Britannique.

Résultats

L’étude a montré de manière probante que la méthode de mise en liberté progressive est supérieure à la méthode traditionnelle de mise en liberté directe, et qu’elle améliore considérablement le programme de réintroduction. Les couples mis en liberté de façon progressive sont, dans 20 % des cas, plus susceptibles de rester dans les sites de mise en liberté, ils ont affiché un taux de survie durant la saison supérieur de 20 % et ont produit 50 % plus de jeunes que les autres. De plus, leurs oisillons prêts à l’envol avaient 20 % plus de chances de survivre et était presque deux fois plus susceptibles de revenir en Colombie-Britannique l’année suivante pour se reproduire.

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Depuis, le projet qui se poursuit en Colombie-Britannique a employé la méthode de mise en liberté progressive pour la majorité des chevêches relâchées, et les retours de migration dans la province sont en hausse. Cinquante chevêches sont revenues dans leurs sites de reproduction en 2015 – un record pour ce programme – et l’espèce a été reclassifiée, passant de la catégorie « disparue du pays » à la catégorie « en voie de disparition ».

Impact

La méthode de mise en liberté progressive que nous avons mise au point est considérée comme un facteur clé de l’augmentation du nombre de chevêches qui reviennent pour se reproduire chaque année. En Saskatchewan, les mises en liberté ont contribué à stabiliser les populations dans cette province, et si la tendance actuelle se maintient en Colombie-Britannique, nous aurons réussi à rétablir les chevêches dans cette province également. Les experts recommandent l’emploi de la méthode de mise en liberté progressive des chevêches des terriers pour d’autres endroits où leur réintroduction est nécessaire en Amérique du Nord, et ces méthodes pourraient bien se révéler applicables à d’autres espèces.

Pour en savoir plus sur ce projet, consultez notre blogue de terrain.

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Les gens

Après son mémoire de maîtrise sur les méthodes de réintroduction des chevêches des terriers en Colombie-Britannique, Aimee Mitchell a continué à travailler pour ce programme. Elle agit aujourd’hui à titre de directrice scientifique de la Burrowing Owl Conservation Society of BC et est membre de l’équipe de rétablissement de cette espèce.

Recherche

Mitchell, A., T. Wellicome, D. Brodie et K. M. Cheng. 2011. Captive-reared burrowing owls show higher site-affinity, survival, and reproductive performance when reintroduced using a soft-release. Conservation Biology 144(5): 1382-1391. doi:10.1016/j.biocon.2010.12.019

Mitchell, A. 2000. The effects of release techniques on the reproductive performance and post-fledging juvenile survival of captive-bred Western Burrowing Owls (Athene cunicularia hypugaea) in the Nicola Valley, British Columbia. (MSc Thesis) Victoria: The University of Victoria, 83 p.

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