Rétablissement du bourdon

L’espèce

Le bourdon terricole et le bourdon à tache rousse ont déjà été des pollinisateurs répandus au Canada. Malheureusement, leurs populations ont connu un déclin rapide.

Le projet

Nous mettons actuellement au point des techniques visant à établir des colonies de reproduction à des fins de conservation d’espèces rares de bourdons indigènes. Notre objectif est de prudemment réintroduire ces bourdons dans des territoires actuellement vides dans leur aire de répartition historique.

Au départ, nous avons concentré notre attention sur le bourdon à tache rousse. Toutefois, en dépit de recherches intensives chaque année partout en Ontario depuis 2012, notre équipe n’a pu observer un seul individu de cette espèce. La dernière observation a eu lieu en 2009, au parc provincial The Pinery, dans le sud-ouest de l’Ontario.

Nous avons donc redirigé notre attention vers le bourdon terricole. En utilisant cette espèce comme substitut, nous mettons au point des méthodes de reproduction à des fins de conservation susceptibles de s’appliquer au bourdon à tache rousse et auxquelles nous pourrons avoir recours, le cas échéant, si des reines de cette espèce réapparaissent.

Même si nous avons commencé à travailler à la reproduction du bourdon terricole en vue de sauvegarder son cousin à tache rousse, il demeure que la population de cette espèce connaît aussi un déclin. En 2015, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) l’a classifiée comme espèce préoccupante. Depuis 2016, le bourdon terricole fait partie de la liste des espèces préoccupantes en Ontario, ce qui justifie d’autant plus nos efforts.

Surveillance

Afin de mieux comprendre la situation des bourdons en Ontario, notre personnel a réalisé des relevés de leurs populations à partir de la pointe Long jusqu’à la péninsule Bruce, et jusqu’à Sudbury au nord et au parc Algonquin à l’est. Nous avons aussi coordonné des programmes de bénévolat visant à former des membres du public à la réalisation de relevés durant tout l’été.

En 2014, afin d’élargir encore davantage les recherches, nous avons lancé en collaboration avec plusieurs partenaires le site www.bumblebeewatch.org, qui permet à des citoyens scientifiques de nous aider à localiser les populations des espèces en déclin, à évaluer les variations de leur taille et de leur répartition, et à suivre l’évolution des espèces envahissante dans toute l’Amérique du Nord.

Dans les années à venir, nous espérons étendre les efforts de recherche à l’ensemble du pays, en formant des citoyens scientifiques à identifier ces espèces de bourdons rares. Si vous êtes intéressé à lancer un projet de relevés faisant appel à des bénévoles dans votre région, veuillez communiquer avec nous.

La reproduction à des fins de conservation

Les efforts de reproduction à des fins de conservation ont commencé en Ontario en 2014. Chaque printemps, notre équipe ratisse la province à la recherche de reines, que nous utilisons pour établir des colonies de reproduction de bourdons terricoles. En 2014 et 2015, nous avons aussi collaboré avec FaunENord pour tenter d’établir des colonies de bourdons terricoles dans le nord du Québec.

Pour établir des colonies gérées, il faut recueillir les reines sauvages le plus tôt possible au printemps, avant qu’elles ne fondent une colonie dans le milieu naturel. On fournit alors aux reines un environnement de nidification idéal et on les nourrit régulièrement. Si tout se passe bien, elles produisent d’abord des ouvrières, puis des mâles reproducteurs, et finalement d’autres reines. Une fois que les mâles et les nouvelles reines se sont accouplés, toute la colonie meurt naturellement, sauf les reines fécondées qui vont entrer en hibernation. Au printemps, normalement, ces nouvelles reines fonderont leurs propres colonies.

Une fois que nous avons établi un certain nombre de colonies exemptes de maladies, nous pouvons commencer à élaborer des stratégies pour réintroduire les reines fécondées dans un habitat adéquat afin d’accroître les populations sauvages. Parallèlement, la recherche auprès des colonies captives peut nous permettre de mieux comprendre les menaces auxquelles font face les populations sauvages, dont les pesticides, les parasites et le manque de diversité génétique.

Résultats

Des milliers d’observations de bourdons sont signalées sur le site www.bumblebeewatch.org chaque année, depuis Porto Rico jusqu’à l’île de Baffin. Des bourdons à tache rousse ont été aperçus dans cinq États du Midwest des États-Unis, de même qu’en Virginie et dans le Maine, d’où on les croyait disparus.

Par ailleurs, la reproduction de bourdons terricoles à des fins de conservation s’est révélée difficile. Nous avons connu des succès mitigés en 2014 et 2015, mais par le perfectionnement constant de nos techniques, nous avons franchi une étape importante en 2016, alors que nos colonies ont produit pour la première fois de nouvelles reines. Les résultats détaillés de la gestion de colonies après trois ans sont présentés ci-dessous.

2014 2015 2016
Reines recueillies 31 36 40
Colonies ayant produit seulement des oeufs 2 17 36
Colonies comptant des ouvrières 0 7 22
Colonies comptant des mâles 0 1 16
Nouvelles reines 0 0 4

Impact

Quand nos techniques de reproduction à des fins de conservation auront donné des résultats satisfaisants, nous commenceront à élaborer des méthodes de réintroduction visant à accroître les populations sauvages. Nous allons aussi utiliser ces techniques pour favoriser le retour de bourdon à tache rousse à son aire de répartition historique en Ontario et au Québec, probablement en utilisant des reines provenant des États-Unis.

Pour les dernières nouvelles concernant nos efforts de rétablissement du bourdon à tache rousse et du bourdon terricole, consultez notre blogue de terrain (en anglais).

Appuyez le rétablissement du bourdon indigène! Faites un don à Conservation de la faune au Canada dès aujourd’hui. 

Vous voulez passer à l’action? Informez-vous de ce que vous pouvez faire pour les pollinisateurs en péril.

Les gens

sarah-johnsonSarah Johnson
Biologiste principale

Biologiste principale la plus récemment arrivée à Conservation de la faune au Canada, Sarah a rejoint l’équipe de l’Initiative de rétablissement des pollinisateurs indigènes en août 2016. Sarah a grandi à Salmon Arm, une petite ville de Colombie-Britannique, et passé les neuf dernières années à Calgary, en Alberta, où elle a fait ses études.

Elle est titulaire d’un baccalauréat en sciences naturelles, avec des concentrations en biologie et en mathématiques, ainsi que d’une maîtrise en écologie, les deux de l’Université de Calgary. Elle a eu l’occasion d’adopter les points de vue tant du pollinisateur que de la plante – son projet de premier cycle comportait une expérience permettant d’étudier les effets de l’usure des ailes (une caractéristique essentielle d’un point de vue écologique) chez les bourdons utilisant une colonie en captivité et son mémoire de maîtrise portait sur les effets de la coupe à blanc le long des contreforts des Rocheuses sur la reproduction des fleurs sauvages. Depuis le printemps 2015, Sarah a aussi participé à l’instauration d’un programme de recherche à grande échelle dans les prairies du sud de l’Alberta, qui permettra d’étudier l’impact des paysages agricoles sur la diversité et le nombre de pollinisateurs, en ce qui touche tout particulièrement une espèce menacée dans cette région, le bourdon de l’Ouest. Ayant certes une passion peu commune pour les pollinisateurs, Sarah ne s’est pas limitée à l’univers des bourdons. Elle a été pendant plusieurs années bénévole au sein d’une organisme de Calgary voué à la réhabilitation d’espèces fauniques, où elle a aidé à soigner des animaux orphelins ou blessés, et elle est une ornithologue amateur heureuse à l’idée d’ajouter des entrées à sa liste de vie dans une autre province.

 

Soutenu par

  • Burt’s Bees Canada
  • La Fondation J.P. Bickell
  • Le ministère des Ressources naturelles et des Forêts de l’Ontario  – Fonds d’intendance des espèces en péril et Fonds de recherche sur les espèces en péril
  • La Fondation Rogers
  • La Fondation Schad
  • La Fondation Takla
  • Stages en technologies propres de CICan

Partenaires du projet

Ressources