
Les fantômes des Highlands
Publié le16 août 2026parDaryn Farrant|Les prochains Noé du Canada, Actualités et événements
Qu'est-ce que le programme de Noé du Canada ? Depuis 1988, le programme Noé du Canada offre aux biologistes de la conservation au Canada une opportunité unique. Chaque année, CFC sélectionne un biologiste dévoué parmi des candidats à travers le Canada pour entreprendre un cours de 3 mois à la Durrell Conservation Academy au Royaume-Uni, suivi d'un stage de 6 mois sur l'île Maurice dans l'Océan Indien. C'est une occasion unique pour les jeunes Canadiens d'apprendre directement comment fonctionnent les programmes de rétablissement de la faune les plus réussis au monde, et de ramener ces connaissances et cette expérience pour renforcer la capacité de conservation du Canada.
Pour la toute première fois, CFC propose ce stage à deux biologistes. Nos Noé 2026 sont Jenna Kissel – la 35e Noé du Canada de la CFC, et Daryn Farrant – le 36e Noé du Canada de la CFC. Les deux biologistes partagent leurs expériences et comment ils les appliqueront à leur retour au Canada. Merci à la Fondation Alan & Patricia Koval pour leurs nombreuses années de soutien au programme Noé du Canada et pour avoir donné tant d'efforts pour soutenir deux stages de Noé de la Fondation Koval en 2026.
En raison d'un retard dans l'approbation de mon visa de travail mauricien, j'ai pu passer du temps à explorer d'autres projets de conservation sur mon chemin vers l'île Maurice. Merci Pat et Alan Koval de soutenir mon parcours et de m'avoir aidée à voir les projets incroyables dont nous avons parlé dans le cours DESMAN.
L'Écosse m'a semblé familière de la mauvaise façon.
Les collines ondulantes, les zones humides, les forêts qui remontent les vallées. Par moments, ça ressemblait tellement à certaines parties du Canada que mon cerveau s'attendait à y trouver autre chose aussi. Un ours se déplaçant entre les arbres. Des traces de loup sur un sentier boueux. Un signe qu'il y avait encore un grand prédateur quelque part dans le paysage.
Mais il n'y avait rien.
Ce sentiment étrange, combiné au fait de conduire du mauvais côté de la route, donnait à toute l'expérience un air vaguement de Twilight Zone. Tout semblait presque juste, mais pas tout à fait.
Il m'a fallu un moment pour comprendre ce qui me semblait si inquiétant.
Il manquait quelque chose.
Au domaine de Dalnacardoch et dans une grande partie des Highlands, nous avons appris l'histoire longue de la persécution des prédateurs et de la déforestation à travers l'Écosse. Les loups ont été chassés jusqu'à l'extinction il y a des siècles. Les forêts ont été rasées pour le bois d'œuvre, l'agriculture, et gérées plus tard comme des domaines de chasse au cerf et à la grouse.
Sans grands prédateurs, les populations de cerfs se sont étendues bien au-delà de ce que les forêts en voie de rétablissement pouvaient naturellement soutenir.
Et les cerfs adorent manger les jeunes arbres.
Dans de nombreuses parties des Highlands, les semis ont à peine la chance de pousser avant d'être broutés. On peut se promener dans des zones qui semblent sauvages à première vue, mais une fois qu'on commence à faire attention, on remarque des classes d'âge manquantes dans la forêt. Les vieux arbres subsistent, mais très peu de jeunes survivent assez longtemps pour les remplacer.
Le paysage commence à sembler figé.
Dalnacardoch landscape. Photo by D. Farrant.
That was one of the most interesting things about Scotland for me. Coming from Canada, I am used to thinking about forests as systems shaped by disturbance, predators, and constant change. In Scotland, you can still see those processes trying to happen, but many of the pieces are gone.
And yet, there are people working to bring some of that balance back.
Across the Highlands, rewilding projects are attempting to reconnect fragmented habitats, reduce browsing pressure, restore peatlands, and allow forests to regenerate naturally again. Not by trying to recreate some perfect untouched wilderness, but by rebuilding ecological processes that have been missing for centuries.
It is slow work.
Sometimes it looks dramatic in headlines, but on the ground it often looks much quieter. A deer fence. A camera trap. Tiny tree seedlings protected long enough to finally grow taller than browsing height.
The Highlands still carry the marks of what was removed from them. You can still see the scars from the dregs used to drain the peatlands on the hills, even in restored areas. But for the first time in a long time, they also feel like a place where something is beginning to return.
And who knows, maybe in a 100 years time the wildcats, and red squirrels will find their way back to Dalnacordoch.
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