En tant que chasseuse de papillons expérimentée, je pensais que j'allais automatiquement être une pro pour attraper des bourdons dans mon filet, mais ce n'était pas aussi facile que je le pensais. Malgré leur apparence mignonne et maladroite, les bourdons sont rapides, agiles, et ils semblent toujours savoir ce que vous pensez. C'est du moins ce que ma coéquipière Mariel, la biologiste régionale de terrain pour l'équipe de Sudbury, et moi avons vécu. J'ai perdu le compte du nombre de fois où Mariel et moi nous sommes envoyé des messages pour dire qu'il n'y avait pas d'abeilles sur un site, et moins de dix secondes après avoir appuyé sur envoyer, un bourdon apparaissait juste devant notre visage. Ces doux géants peuvent aussi facilement échapper à la portée de nos filets télescopiques, butinant sur la fleur la plus haute d'un pommier ou volant en cercles serrés autour de nos têtes, comme s'ils nous narguaient.
Aussi amusantes que soient ces expériences, elles mettent aussi en lumière l'un des plus grands défis de la conservation : trouver des espèces rares..
La surveillance des populations de bourdons, c'est bien plus qu'attraper des abeilles. En tant que surveilleurs, nous devons suivre des protocoles standardisés pour nous assurer que les données que nous recueillons sur différents sites et au fil des années peuvent être comparées avec précision. Les conditions météorologiques, l'heure de la journée, l'abondance des ressources florales et même la vitesse du vent peuvent tous influencer l'activité des abeilles, ce qui signifie qu'une espèce peut être présente sur un site mais passer complètement inaperçue lors d'un relevé. L'apprentissage de ces protocoles m'a montré à quel point la cohérence et l'attention aux détails sont importantes en biologie de la faune. Chaque abeille que nous identifions, chaque relevé que nous complétons et chaque point de données que nous enregistrons contribuent à un effort plus large pour comprendre les tendances des populations et orienter les actions de conservation pour les espèces en péril comme le bourdon terricola. Bien que passer la journée à chercher des pollinisateurs puisse sembler simple, une surveillance efficace exige une observation minutieuse, une identification précise des espèces et des méthodes rigoureuses de collecte de données.