
Découverte d'une nouvelle espèce d'araignée
Publié le11 mai 2026parSarah Falconer| Photo : M. Tercel et A. Ferguson lors d'une mission nocturne, photo par S. Falconer.
Qu'est-ce que le programme de Noé du Canada ? Depuis 1988, le programme Noé du Canada offre aux biologistes de la conservation au Canada une opportunité unique. Chaque année, CFC sélectionne un biologiste dévoué parmi des candidats à travers le Canada pour entreprendre un cours de 3 mois à la Durrell Conservation Academy au Royaume-Uni, suivi d'un stage de 6 mois sur l'île Maurice dans l'Océan Indien. C'est une occasion unique pour les jeunes Canadiens d'apprendre directement comment fonctionnent les programmes de rétablissement de la faune les plus réussis au monde, et de ramener ces connaissances et cette expérience pour renforcer la capacité de conservation du Canada.
Pour la toute première fois, CFC propose ce stage à deux biologistes. Nos Noé 2026 sont Jenna Kissel – la 35e Noé du Canada de la CFC, et Daryn Farrant – le 36e Noé du Canada de la CFC. Les deux biologistes partagent leurs expériences et comment ils les appliqueront à leur retour au Canada. Merci à la Fondation Alan & Patricia Koval pour leurs nombreuses années de soutien au programme Noé du Canada et pour avoir donné tant d'efforts pour soutenir deux stages de Noé de la Fondation Koval en 2026.
Qu'est-ce qui a 8 pattes, vit près de la mer et construit sa propre maison ? Une araignée, bien sûr ! Pour ceux qui ont suivi mon parcours de Noé il y a près de trois longues années (le temps file !), vous vous souvenez peut-être que pendant mon séjour à Maurice, j'ai participé à des relevés entomologiques sur quelques îles au large. Passant mes journées à apprendre à propos des tortues d'Aldabra, les espèces envahissantes, les méthodes d'échantillonnage et la réintroduction de plantes indigènes… J'ai aussi eu l’occasion d'apprendre auprès du personnel du Programme de restauration des îles, un partenariat entre la Durrell Wildlife Conservation Trust, la Fondation pour la faune de Maurice et le Service national des parcs et de la conservation, et de participer à certains relevés! En utilisant diverses méthodes, j'ai aidé à faire le relevé des plus petites créatures de l'île comme les fourmis, coléoptères et papillons de nuit, pour mieux comprendre la composition des différentes espèces.
En plus d'échantillonner la communauté plus large, nous avons également été chargés d'une mission spéciale – la recherche d'une araignée très inhabituelle. Avant mon arrivée, certains scientifiques de Maurice avaient remarqué une araignée intéressante sur l'une des petites îles au large du continent. Découverte uniquement en apercevant ses longues pattes sortant d'une petite trappe, cette araignée nocturne semblait vivre dans des rochers de corail très près de la côte. Dans certains cas, il semblait que ces trappes puissent être immergées par l'eau de mer à marée haute. Ils étaient impatients de savoir si cette créature inhabituelle se trouvait également sur d'autres îles.
(À gauche) A. Ferguson et M. Tercel cherchent sur la paroi rocheuse. (À droite) A. Ferguson s'assure de regarder dans chaque recoin pour essayer de trouver l'araignée. Photos par S. Falconer.
Parfaitement camouflée, la minuscule trappe de l'araignée est faite de sable, d'algues et de minuscules fragments de roche. Photos par S. Falconer.
Après des recherches infructueuses sur une île, les yeux perçants de l'entomologiste du projet ont repéré notre cible sur l'île aux Fouquets. Nous avons trouvé des trappes à peine perceptibles dispersées sur quelques rochers de corail près du rivage. Seulement d'environ la taille d'une pièce de vingt-cinq cents, ces trappes presque invisibles se confondent parfaitement avec le rocher, couvertes de sable et d'algues. Des données extensives ont été collectées sur l'emplacement de ces terriers et sur les araignées elles-mêmes.
Les pattes du Idioctis marevallum à peine visibles derrière la trappe ouverte. Photo par S. Falconer.
En raison de la nature inhabituelle de ces araignées, des spécimens ont été envoyés pour un examen expert, notamment par des taxonomistes du Muséum d'histoire naturelle de Londres. Après beaucoup d'analyses et de discussions, une conclusion passionnante a été atteinte – c'était une nouvelle espèce! En fait une tarentule, cette espèce a été déterminée comme une espèce phare endémique (qu'on ne trouve nulle part ailleurs) d'araignées à trappe intertidale. Le nom Idioctis marevallum a été choisi pour cette nouvelle tarentule, du latin signifiant « mur de mer » – une référence à ses tendances intertidales. Ces découvertes ont récemment été publiés dans le journal Arachnology, que vous pouvez lire ici.
Je me sens très chanceuse d'avoir été une petite partie de cette fantastique nouvelle découverte dans le cadre de mon parcours de Noé. J'espère que des études comme celle-ci permettront de mieux comprendre l'incroyable faune et flore de notre pays et que, ce faisant, nous serons mieux équipés pour la protéger pour les générations futures.
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