J’ai grandi à Brantford, en Ontario, dans une maison située juste en face de la rivière Grand. Mes parents se considéraient eux-mêmes comme des « fous de la nature », et j’ai passé d’innombrables moments avec ma famille à explorer les sentiers dans les environs de la rivière, à observer les oiseaux et à faire des randonnées de nuit pour entendre les hiboux. Nous n’avions pas le câble, ce qui m’a poussée à inventer des manières de me divertir à l’extérieur de la maison, et j’étais inlassable quand il s’agissait de jouer dehors. Grands amateurs de camping, mes parents nous entraînaient chaque été, toute la famille, dans de stimulantes expéditions en canot dans différents parcs provinciaux ontariens. C’est au fil de ces expériences que j’ai développé un amour profond et une curiosité à l’égard de la nature. Je suis tellement heureuse que mes parents aient choisi de nous offrir ce type des vacances hors des sentiers battus et d’avoir ainsi pu passer plusieurs soirées d’été de mon enfance autour d’un feu de camp, avant d’aller dormir sous la tente.

Au terme d’une adolescence passée à faire des randonnées, du camping et du bénévolat dans un centre local d’interprétation de la nature, en plus de travailler pendant l’été dans un camp de leadership en plein air, j’avais acquis la certitude que je voulais entreprendre une carrière en biologie de la faune. En 2008, je me suis inscrite au programme de baccalauréat en biologie de la faute de l’Université de Guelph, où j’ai suivi des cours de biologie, d’écologie et de gestion de la faune. J’ai fait partie du Wildlife Club, qui organisait des week-ends dans les parcs provinciaux Long Point et Algonquin. Durant l’été, j’ai enchaîné différentes expériences éducatives, de bénévolat et de travail qui me permettaient d’être dehors et d’en apprendre davantage sur la nature. Pendant deux étés, j’ai travaillé à titre de naturaliste au parc provincial Algonquin, où j’ai été responsable de programmes éducatifs sur une variété de sujets, depuis les castors jusqu’à la biodiversité. Dans mes temps libres, je faisais des randonnées, attrapais des libellules et partais en quête des meilleurs postes d’observation. J’ai aussi consacré du temps, comme bénévole, à un projet de migration de la grive des bois mené à l’Université York, et dans ce contexte j’ai appris à capturer et à baguer des oiseaux. Lors d’une formation sur le terrain dans le cadre d’un cours en entomologie en Arizona, j’ai aussi appris à capturer, à identifier, à photographier et à étudier des insectes. J’ai occupé d’autres emplois d’été, au Royal Botanical Gardens, où j’ai dirigé des programmes éducatifs, puis comme technicienne sur le terrain, pour étudier un écosystème rare, la prairie à herbes hautes dans le sud de l’Ontario. Tout au long de mes études de premier cycle, j’ai profité de maintes occasions d’en savoir davantage sur la faune et la sur recherche.

La dernière année de mes études de premier cycle, je me suis attaquée à un mémoire sur le système de navigation du papillon monarque. Ce projet m’a permis d’étudier une espèce en péril, tout en appliquant mes connaissances et mon expérience du travail de terrain à une nouvelle question de recherche. J’ai capturé des monarques et j’ai effectué des tests avec eux en Ontario, puis je les ai transportés ailleurs au pays, à Calgary, en Alberta, où j’ai de nouveau soumis leur sens d’orientation à des tests. Ce projet ambitieux a renforcé ma passion pour la recherche et mon désir d’élargir mes connaissances au sujet des espèces en péril et des autres espèces en déclin. Mes études de premier cycle à l’Université de Guelph m’ont révélé l’importance de la recherche dans le développement et la mise en œuvre de stratégies de conservation.

Après mon baccalauréat, j’ai obtenu une maîtrise ès sciences en écologie à l’Université de Guelph; au Norris Lab, j’ai étudié les causes du déclin du mésangeai du Canada à la lisière sud de son aire de répartition dans le parc Algonquin. Ce projet comportait plusieurs mois de travail sur le terrain, au quotidien et dans des conditions climatiques difficiles, ainsi que dans un relatif isolement à la Wildlife Research Station, où mon assistant et moi étions les seuls chercheurs présents durant l’hiver, ce qui a signifié vivre dans un chalet sans eau courante, sans réseau cellulaire, téléphone et Internet. J’ai mis à profit mes nombreuses expériences des espaces naturels pour m’adapter à ces conditions de vie et j’ai adoré cela! J’ai appris à avoir des relations harmonieuses avec d’autres personnes dans un lieu relativement isolé et à planifier mes activités en ne pouvant pas compter sur l’accès immédiat à Internet ou à un réseau cellulaire. J’ai aussi fait l’apprentissage de différentes techniques de travail avec les oiseaux, telles que le piégeage au sol, le baguage, la recherche de nids, ainsi que le prélèvement d’échantillons de sang et de plumes.

Depuis ma maîtrise, j’ai eu la chance de trouver des emplois dans des domaines liés à la conservation. J’ai d’abord travaillé au Biodiversity Institute of Ontario, pour lequel j’ai effectué des relevés sur le terrain en vue de la capture d’insectes et traité des échantillons de partout dans le monde aux fins du codage à barres de l’ADN. Je suis ensuite retournée au Norris Lab où, en tant que gestionnaire de recherche, j’ai eu la responsabilité de plusieurs projets de conservation appliqués touchant le papillon monarque. À ce poste, j’ai notamment supervisé du personnel et des bénévoles, planifié le travail sur le terrain et assuré la liaison entre les partenaires gouvernementaux et de l’industrie.

Bien que j’aime vraiment ce poste, je suis très enthousiasmée par la possibilité de poursuivre ma formation et de travailler avec des espèces en péril dans le cadre du programme Noé au Canada. J’espère développer mes compétences comme biologiste et élargir mes connaissances en ce qui a trait à la mise en œuvre d’initiatives de conservation au sein de différentes communautés. Cela représentera pour moi une expérience nouvelle et incomparable, et j’ai très hâte de m’y consacrer!